Réunie à Addis‑Abeba les 14 et 15 février 2026 pour sa 39e session ordinaire, la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine a adopté une décision historique visant à corriger la manière dont l’Afrique est représentée sur les cartes du monde.
Cette décision, portée à l’ordre du jour à l’initiative de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ, Président du Conseil de la République togolaise, concerne la révision des représentations cartographiques internationales afin de mieux refléter la réalité géographique du continent.
Par cet acte, l’Union africaine franchit une nouvelle étape dans la construction d’un récit africain assumé, en articulant étroitement justice symbolique, exigence scientifique et affirmation géopolitique du continent.sahelmatin+1
L’initiative répond à des distorsions historiques engendrées par certaines projections cartographiques, en particulier la projection dite de Mercator, largement utilisée depuis le XVIᵉ siècle.agenceecofin+1
Conçue à l’origine pour la navigation maritime, cette projection conserve les formes des continents mais déforme considérablement leurs superficies, en agrandissant les régions proches des pôles et en réduisant celles situées autour de l’équateur, comme l’Afrique et l’Amérique du Sud.lessentieldeleco+1
Ainsi, sur de nombreux planisphères, l’Afrique apparaît à peine plus grande que le Groenland, alors qu’elle couvre environ 30 millions de km² contre un peu plus de 2 millions pour ce dernier, soit une superficie plus de quatorze à quinze fois supérieure.agenceecofin+1
Cette sous‑représentation visuelle, héritée de l’histoire coloniale et reproduite dans les manuels scolaires, les médias et les outils numériques, contribue à entretenir l’idée implicite d’une Afrique périphérique ou « marginale », en décalage profond avec sa réalité démographique, économique et stratégique.zonebourse+2
Depuis août 2025, l’Union africaine a publiquement apporté son soutien à la campagne « Correct the Map », portée par les organisations Africa No Filter et Speak Up Africa, qui plaide pour l’abandon progressif de la projection de Mercator au profit de modèles contemporains plus fidèles aux superficies comme Equal Earth.tamafrica+2
La décision adoptée à Addis‑Abeba en février 2026 s’inscrit dans le prolongement de cet engagement, en lui donnant un cadre politique formel au niveau continental.arte+1
L’initiative est pleinement conforme à la mise en œuvre de l’Agenda 2063, la vision stratégique de l’Union africaine pour « une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène mondiale ».sahelmatin+1
Elle rejoint également le thème de l’Année 2025 de l’Union africaine, consacré à la justice réparatrice, en considérant la correction des cartes comme un acte de justice cognitive visant à réparer des représentations héritées d’un ordre international inégal.sahelmatin+1
Au‑delà de l’exactitude scientifique, il s’agit de restaurer la place légitime de l’Afrique dans l’imaginaire mondial, en mettant fin à ce que de nombreux acteurs africains qualifient de « plus longue campagne de désinformation cartographique » à l’égard du continent.zonebourse+1
La décision adoptée par la Conférence représente une étape majeure dans la quête de justice historique et dans la réaffirmation de la dignité africaine.
En corrigeant les cartes, les États membres entendent corriger aussi les regards : la manière dont l’Afrique est enseignée, perçue et représentée influe sur la manière dont elle est traitée sur la scène internationale.agenceecofin+1
Elle consacre le principe selon lequel la vérité scientifique – ici, la juste échelle des continents – doit servir de base à la construction d’un imaginaire collectif débarrassé des hiérarchies implicites léguées par la période coloniale.lessentieldeleco+1
Cette vision avait déjà été clairement exprimée par le Togo à travers l’intervention de S.E. Prof. Robert DUSSEY à la tribune des Nations unies, le 26 septembre 2025, appelant à corriger les représentations cartographiques de l’Afrique comme condition d’une véritable égalité symbolique entre les peuples.icilome+1
La Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement a adopté une série de recommandations destinées à encadrer et à accompagner ce chantier de réforme cartographique :
Encourager les États membres à promouvoir l’utilisation de projections cartographiques plus équitables et scientifiquement exactes dans les systèmes éducatifs, les publications officielles et l’ensemble des supports institutionnels, afin que les jeunes Africains grandissent avec une vision juste de la dimension de leur continent.sahelmatin+1
Inviter les organisations internationales, les institutions académiques et les éditeurs, publics comme privés, à adopter des cartes reflétant fidèlement la réalité géographique de l’Afrique et à réduire progressivement le recours à des projections qui en minimisent la taille, en particulier dans les matériels pédagogiques et les plateformes numériques.zonebourse+2
Charger la Commission de l’Union africaine, en collaboration avec les États membres, de conduire une réflexion technique approfondie sur les standards cartographiques à recommander à l’échelle continentale, en identifiant les modèles répondant le mieux aux exigences de précision scientifique, de lisibilité et de diffusion internationale.sahelmatin+1
L’ensemble de ces orientations traduit la volonté collective des États membres de promouvoir une image de l’Afrique fondée sur la rigueur scientifique et la dignité historique, tout en renforçant la conscience panafricaine des jeunes générations et leur fierté d’appartenir à un continent majeur par sa taille, sa population et son potentiel.diplomatie.gouv+1
En proposant ce point à l’ordre du jour de la 39e session ordinaire, le Togo s’inscrit dans le prolongement d’un engagement de long terme en faveur de la reconquête narrative et de la réhabilitation des vérités historiques africaines.icilome+1
Cette démarche trouve notamment sa source dans le discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025 par S.E. Prof. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’Extérieur, qui avait appelé à corriger les cartes comme un acte de justice et de réparation symbolique à l’égard de l’Afrique.icilome+1
Pour le Togo, la représentation fidèle du continent sur les cartes du monde ne relève pas d’un simple détail technique : elle participe d’un mouvement plus large visant à déconstruire les héritages de la colonisation, à restaurer l’estime de soi des peuples africains et à consolider l’unité continentale.sahelmatin+1
La Conférence a également salué l’initiative portée par la République togolaise et la Déclaration du 9e Congrès panafricain, tenu à Lomé du 8 au 12 décembre 2025.
Cette Déclaration exhorte l’Union africaine, ses États membres ainsi que les pays abritant des communautés de personnes d’ascendance africaine à soumettre une demande formelle aux Nations unies et à leurs agences compétentes pour corriger les représentations cartographiques disproportionnées de l’Afrique, en particulier la projection de Mercator.gabonmediatime+1
Elle présente cette correction comme un véritable acte de justice cognitive et de réparations, indispensable pour restaurer la place réelle de l’Afrique dans l’imaginaire mondial et rompre avec des siècles de sous‑évaluation symbolique.sahelmatin+1
En s’appuyant sur ce socle panafricain, le Togo confirme sa volonté de faire de Lomé un lieu de réflexion et de mobilisation intellectuelle au service de la renaissance africaine.icilome+1
Par cette décision, le Togo réaffirme son engagement en faveur de la promotion de la dignité, du respect des vérités historiques et du renforcement de l’unité continentale, dans la droite ligne de l’Agenda 2063 et des résolutions issues des grands rendez‑vous panafricains tenus sur son sol.diplomatie.gouv+1
La large adhésion des États membres à cette initiative en fait un signal fort : l’Afrique entend désormais peser non seulement dans les négociations économiques et politiques, mais aussi dans la définition des cadres symboliques qui structurent la représentation du monde.la-croix+1
Le Togo se félicite du consensus qui a entouré l’adoption de cette décision et adresse sa profonde gratitude à la Commission de l’Union africaine, en particulier au bureau de la Vice‑Présidente, aux départements compétents, ainsi qu’aux États membres pour leur soutien constant.agenceecofin+1
Ce soutien illustre la capacité de l’Union africaine à porter des initiatives structurantes, à la fois porteuses de sens et tournées vers l’avenir, qui contribuent à redéfinir la place de l’Afrique sur la carte et dans le monde.sahelmatin+1
Fait à Addis‑Abeba, le 15 février 2026